Archives pour la catégorie ‘Programmation’

Partenariat avec le Festival d’Avignon

mars 2010

 Dans le cadre du partenariat avec le Festival d'Avignon,trois compagnies sont présentes dans la programmation du festival Contre Courant 2010 :

Jeudi 15 juillet 2010 à 22h00 : Jean La Chance : Compagnie Nénéka(Théâtre)
Vendredi 16 juillet 2010 à 19h00 : Lecture par Olivier Cadiot
Et Ro Oua ou le peuple des rois par la Comédie de Caen (Théâtre) à 22h.  

Jeudi 15 juillet 2010 : Jean La Chance
Jean la chance est une fable, une quête linéaire et pourtant mystérieuse. Face à un monde vénal, rythmé par des relations d’échange, organisé et façonné par le mensonge, un grand mensonge, Jean reste fidèle à son intuition et à sa vérité : il vit en écoutant son corps, la nature qui l’entoure, l’âme des gens qu’il rencontre. (François Orsini)

Essayez pour voir et vous finirez mal, c’est la loi !


Au mois de juillet 2007 nous avons créé en résidence à Mains d’Oeuvres (Saint Ouen) ce Jean la chance; que nous sommes ensuite partis offrir sur les routes de Corse, dans des villages, des champs et sous des ciels étoilés. Les conditions élémentaires de cette tournée nous ont imposé de trouver des formes simples,évidentes, libres, où les piliers de la représentation sont le texte, les acteurs et la nature qui nous entourait.Un peu de lumière et beaucoup de musique.
En 2009, Jean la chance a été présenté dans la grande salle du théâtre de "la Bastille" tout le mois de janvier. Puis en Corse à nouveau (Corte et Ajaccio), l’Argentine (Cordoba et Buenos Aires) Dieppe, Arles, Nantes, Lorient.

C'est un texte fort, optimiste, une mise en scène exitante comme un cri. Un spectacle nécessaire, ici et maintenant.Vendredi 16 Juillet 2010 : Lecture par Olivier Cadiot
Poète et romancier, Olivier Cadiot est avant tout un inventeur de littérature qui manie avec une virtuosité toute musicale les mots comme les situations et fait valser les genres à coups d’accélérations. C’est au fil des pages que son écriture foisonnante et jubilatoire se donne en partage, mais aussi sur les scènes, qu’elles soient de théâtre, d’opéra ou même de rock. En amont du 64e Festival d’Avignon, dont il est avec Christoph Marthaler artiste associé, cette rencontre sera l’occasion d’une plongée dans l’univers singulier qu’il construit, tel un
C’est en 1988 qu’Olivier Cadiot publie chez P.O.L un premier livre de poésie, L’Art poétic’. Il écrit ensuite pour Pascal Dusapin plusieurs pièces courtes, puis le livret de l’opéra Roméo et Juliette (1989). En 1993 paraît le premier tome d’une série d’ouvrages à la limite du roman, Futur, ancien, fugitif, bientôt suivi du Colonel des Zouaves (1997), de Retour définitif et durable de l’être aimé et de Fairy Queen (2002). Avec Pierre Alferi, il fonde "la Revue générale de littérature", dernier grand atelier littéraire du XXe siècle. Pour le théâtre et son complice comparse Ludovic Lagarde, il écrit une première pièce, Soeurs et Frères. Mais ce seront ses livres que le metteur en scène adaptera par la suite, avec lui, du monologue du Colonel des Zouaves à son dernier roman Un nid pour quoi faire, sorti en 2007. Olivier Cadiot poursuit par ailleurs sa collaboration avec des musiciens tels Georges Aperghis, Benoît Delbecq et surtout Rodolphe Burger, avec lequel il conçoit des disques et des lectures-concerts. Il est également traducteur, notamment des Psaumes et du Cantique des cantiques pour la nouvelle version de la Bible réalisée, en 2001, sous la coordination de Frédéric Boyer.

Outre de nombreuses lectures, l’écriture d’Olivier Cadiot s’est déjà fait entendre au Festival d’Avignon en 1989, avec l’opéra Roméo et Juliette de Pascal Dusapin, et en 2004, à travers trois spectacles de Ludovic Lagarde : deux mises en scène de ses textes (Fairy Queen et Le Colonel des Zouaves) ainsi que la création de Oui dit le très jeune homme de Gertrude Stein, dont il signait la traduction.

                                                                                                                                                                                                            
Vendredi 16 juillet 2010 :Ro Oua ou le peuple des rois
Notre héros se nomme Ro-oua, le chantre de la musique tel Badjourou, la corde du fleuve.
Là où il passe la nostalgie et l’angoisse s’évaporent.Qui ne le connaît pas ?

Il n’est personne que sa voix n’enthousiasme
Ce qui est d’autant plus remarquable
Que notre espèce dans son ensemble n’aime pas la musique.
Mais Ro-oua constitue une exception
Il aime le chant et sait nous le faire aimer

Et quand il s’éteindra le chant disparaîtra de notre vie.

En petit comité, nous avouons que le chant de Ro-oua, n’a vraiment rien d’extraordinaire.
Nous n’avons aucun sens musical
Nous possédons des traditions de chant ; des légendes en parlent et même des chansons ont été conservées, mais personne ne sait plus chanter. Nous avons une idée de ce qu’est le chant ; or l’art du seul et unique Ro-oua ne correspond pas à cette idée. N’est-ce pas un simple sifflement ?
C’est ce que nous nous disons souvent et nous savons tous ce que c’est que siffler.



Journée avec Villeneuve en scène

mars 2010

Mercredi 14 juillet : une journée avec Villeneuve en scène

(Sur Réservation 100 personnes, uniquement agents des IEG)

17h00 - Opéra Pagaïe - "80% de réussite"

Durée 2h (4 fois 1/2 heure) - Ecole Montolivet - Tout public

4 parcours différents, comme cela ce n'est ni long ni ennuyeux
L'opéra pagaïe réinvente une rentrée scolaire pour adultes, c'est un spectacle itinérant où les spectateurs se croisent, vont en salle de classe, en cours de récréation.

19 h15 Repas


21h00 Compagnie Oposito: "La Caravane de verre, voyage au pays d’Emile Gallé"

Spectacle tout public – durée 1h15 – Le Verger (plein air)

Un spectacle théâtral et lyrique de "la Compagnie Oposito."
« Si sur votre chemin vous croisez ce bivouac, laissez-vous tenter et faites une halte chez ces gens du voyage, colporteurs d’histoires d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ils vont de villes en villages, ils cultivent le beau, on les nomme les Emile. Tour à tour, ils vous feront passer de l’autre côté du miroir pour vous faire partager ce qui les émeut, leurs amours, leurs passions ».



Compagnies en résidence du 9 au 17 juillet 2010

mars 2010

                                                                                                                                                                                                                     -         L’aboyeuse de chez Hermès : compagnie il était une fois Danielle Charotte 

Notre Madame loyale solaire, guide flamboyant nous enchante de sa verve et de sa bonne humeur, nous guide et nous amuse.

 

 

   -         Véronique Petit : Compagnie TGV 

Il rythme nos journée, se fait boîte à fantasmes, nous donne le sentiment d’être relié au monde. La compagnie TGV, en détournant les fonctions du téléphone portable nous invite à des conférences arrangées pour mieux jouer de nos addictions.

  -         La pellicule ensorcelée de la caravane ensorcelée 

Il court, il court le court métrage dans la caravane ensorcelée. Plus d’une centaine de films aux choix et des ateliers sont proposés.

Chaque soirs, ce sera l'occasion de découvrir des films courts de France et d'ailleurs et de participer à un atelier d'initiation au film d'animation.

Confortablement installé pour dix à vingt minutes dans cet insolite cocon rouge et blanc, la caravane ensorcelée permet à tous de vivre un moment original de cinéma.

 



Le partenariat avec le Festival d’Avignon

juillet 2009

Dans le cadre du partenariat avec le Festival d'Avignon, 3 compagnies sont présentes dans la programmation du festival :

Dimanche 12 Juillet

22h - Théâtre

Appendice. Lina Saneh, Rabih Mroué Partant de son désir d’être incinérée à sa mort - acte interdit au Liban - et du fait que dans les hôpitaux on brûle les membres et organes excisés de certains malades, Lina Saneh fait de son corps un champ de bataille.Là s’affrontent les promesses de liberté et de modernisation de l’Etat et les forces identitaires et communautaires qui partout veulent ériger leurs systèmes en modèles universels et par suite impératifs.Lina Saneh est assisse immobile, tandis que Rabih Mroué, son mari/performer, lit cette déclaration de guerre. Et nous découvrons sa stratégie : prélever au fur et à mesure des membres et des organes de son corps pour les faire brûler et soustraire ainsi la plus grande partie d’elle même à ses ennemis.Jeudi 16 Juillet 22h - Théâtre Chto, interdit aux moins de quinze ans de Sonia Chiambretto. Hubert Colas, Diphtong Compagnie Sonia Chiambretto, l’auteur, demande à une jeune fille tchétchène, rencontrée à Marseille dans un centre d’apprentissage de la langue française, de témoigner sur son voyage. De cette parole de l’autre, dans ce qu’elle a de singulier et de particulier, avec entre les lignes, toujours latente, la guerre, l’auteur a fait naître un texte qu’Hubert Colas, avec son talent de metteur en scène, nous fait merveilleusement entendre. Vendredi 17 juillet 22h - Théâtre 47 de Jean-Luc Raharimanana. Compagnie Notoire Les sagaies ont volé, les balles ont sifflé, les cadavres ont jonché la terre. L’insurrection contre la colonisation française en 1947 a été sanglante à Madagascar.C’est ce que raconte un très grand écrivain malgache dans un court texte incisif, texte que met en scène Thierry Bedard.L’écrivain et le metteur en scène interrogent le rapport entre colonisateurs et colonisés, questionnent un monde de violence extrême et un espoir de grâce pour ce monde là.Un spectacle universel qui dépasse les frontières strictes de la France et de l’île de Madagascar.



Des compagnies à résidence

juillet 2009

Du 10 au 18 Juillet : L’aboyeuse de chez Hermès. Danielle Charotte, Compagnie Il sera une fois Allumeuse de parades, elle régule les humeurs, découpe les foules, pateline les oreilles, dépoussière les regards avant de s’effacer.Son  verbe malicieux et impertinent sera votre guide et vous conduira de spectacle en spectacle tout au long du festival.    Du 11 au 18 Juillet : La Chair de l’homme de Valère Novarina. Aurélia Ivan, Compagnie Tsara 

Chaque soir à 20h Aurélia Ivan vous ouvre les portes de son univers. Par groupe de vingt, vous pourrez vous familiariser avec l’écriture de Valère Novarina et la proposition  plastique chaque fois renouvelée de la Compagnie Tsara.

Les 14 (Chapitre XXV) et 16 juillet (Chapitre XII) à 23h20 et Minuit  - Théâtre d’Objets La chair de l’homme. Aurélia Ivan, Compagnie Tsara Aurélia Ivan théâtralise La chair de l’homme de Valère Novarina en lui donnant la forme d’un spectacle parcours.L’humain est la figure centrale de ce texte fleuve d’un auteur passionnant et c’est ce qui intéresse la jeune artiste roumaine.Cette forêt de la langue où aucune histoire ne se raconte sera rendue plus accessible par les installations plastiques, les  manipulations de matières et d’objets.Dans ce parcours initiatique, les spectateurs seront ceux qui traversent la vie, le monde comme des passants émerveillés.La poésie des images au service d’un sujet essentiel.   

Arsenic du 11 au 17 juillet

Le Faiseur de Monstres 11 et 13 juillet 23h15

Un spectacle Grand Guignol en plein air pour acteurs et animaux morts (ou presque !)Dans l’univers rude et mystérieux des forains, habite un être difforme, Brockau, dont l’activité consiste à mutiler les animaux pour en faire des monstres de foire. Il est amoureux de Lina, elle même partagée entre son mari, Apollo et son amante Arkovia. Le drame va se jouer avec pour enjeu, l’amour de la belle Lina !

Voici le théâtre dans ce qu’il a de plus direct : le plaisir de plonger mi-amusé, mi-horrifié dans la terrible histoire de Lina et la tragique existence de Brockau ! 

Lecture rencontre autour du spectacle Dérapages.  12 et 17 juillet à 23h

 De septembre 2006 à juin 2007 Arsenic a présenté 468 représentations de Dérapages, un camion pour la démocratie, un spectacle contre l’extrême droite joué par deux comédiens, devant trente cinq spectateurs dans un camion spectacle.Après chaque représentation, Arsenic a créé un espace de paroles où se sont déroulées de nombreuses explications ancrées dans la réalité : l’insécurité économique, l’incompréhension, les peurs, les haines, le sentiment d’abandon.

C’est cette aventure qu’Arsenic raconte à travers une lecture, un film, des témoignages et un échange scène / spectateurs.

    



Attention / changements de programme

juin 2009

 

  • 13 juillet 23 h Arsenic présente Le Faiseur de monstres (et non lecture rencontre autour de Dérapages) –  

 

  • 18 juillet 23h30 Le concert de William Vivanco annulé est remplacé par BIBI TANGA & THE SELENITES Electronique / Jazz / Funk 

 

  • Parcours sensoriel, pour Toucher du doigt le 13 juillet à 19h et 19h30     et les 14,16, 17 et 18 juillet à 20h30, 20h50 et 21h10  


2009 : affiche, programme

mai 2009

Téléchargez L'affiche

Entrez libre par Jérome Cabanel (1.11 Mo)
Téléchargé : 260 fois

Le programme

Edition 2009 (4.24 Mo)
Téléchargé : 653 fois



Le programme 2009

avril 2009

Cliquer sur l'image pour télécharger le programme



L’édition 2009 : une invitation au voyage

avril 2009

Du 10 au 18 juillet, abordez l’île de La Barthelasse où l’équipe de Contre Courant vous accueille pour sa huitième édition.

Ce festival pluridisciplinaire imaginé par la CCAS vous invite à traverser des territoires étranges et étrangers. Tout au long de ces neuf jours, grâce à une vingtaine de propositions différentes, vous pourrez  découvrir de jeunes artistes  venus de toutes les disciplines au cœur d’univers singuliers, mais également des talents plus confirmés.

Comme chaque année, Contre courant programme  trois des artistes invités par le Festival d’Avignon, dans le cadre d’un partenariat avec ce dernier.

La CCAS a l’audace de croire qu’il est possible d’élargir notre vision du monde grâce à des artistes originaux  qui mettent  leur monde à l’épreuve de notre sagacité et de notre esprit critique.

Liban, Madagascar, Belgique, Israël, Roumanie, Cuba , France, c’est à un voyage au cœur des idées que l’’équipe de Contre Courant vous convie. Elle vous espère nombreux dans ce Théâtre, cirque, salle de concert à ciel ouvert, accessible à tous*. 

 

 

 

Grâce au Centre de ressources Handicap Regards d’en France, trois des spectacles du festival seront rendus accessibles aux déficients sensoriels

 



Gênes 01

juillet 2008

Auteur : Fausto Paravidino
Traduction : Philippe Di Meo
Mise en scène et scénographie : Victor Gauthier-Martin
Dramaturgie : Youness Anzane
Vidéo : Quentin Descourtis associé à Julien Delmotte
Costumes : Isabelle Flosi
Musique originale : Dayan Korolic
Lumières et direction technique : Pierre Leblanc
Chorégraphie : Marion Lévy
Production : Juliette Roels
Construction des décors : Théâtre National de la Colline
Avec sur scène :
Alban Aumard, Clémence Barbier, Marie Dablanc, Régis Royer, Pascale Oudot et Dayan Korolic (musicien), Gaëtan Besnard (régie vidéo)
Spectacle créé à la Comédie de Reims le 11 octobre 2007Coproduction : microsystème ; La Comédie de Reims, Centre Dramatique National ; Le Théâtre National de la Colline ; Le Forum – Scène conventionnée de Blanc Mesnil, Arcadi (Action régionale pour la création artistique et la diffusion en Île-de-France) avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France - ministère de la culture et de la communication, du DICREAM - ministère de la Culture et de la Communication

L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.

Le 16 juillet 2008 à 22h00 (sur réservation au 06 73 76 03 57 à partir du 8 juillet)

Fausto Paravidino écrit le 17 décembre 2002, cette note qu’il met en introduction au texte de « Gênes 01 » :

« Le spectacle tiré de ce texte a toujours cherché le plus possible à être un témoignage du passé récent et une réflexion sur le présent. Cette tension s’est manifestée à travers de multiples réécritures et mises en scène dans l’attente d’une version « définitive »de la tragédie en question.
Ayant accepté avec la modestie nécessaire l’idée que la version définitive de cette tragédie sera peut-être écrite par les enfants de nos enfants, nous avons choisi de présenter ici non une version présumée définitive, mais une sélection de matériaux sur lesquelles nous sommes actuellement en train de travailler, espérant que ces mêmes matériaux pourront un jour être utiles à ces petits-enfants dans lesquels nous remettons nos plus vifs espoirs et auxquels nous demandons – pour l’heure –pardon. »


Une communauté en état de choc

Gênes 01 est le récit de la violente répression policière qui s’est abattue sur les manifestants alter mondialistes lors du sommet du G8 à Gênes, en juillet 2001. Le texte ressemble à un rapport fidèle des événements. Il nous plonge dans une enquête avec un mort (Carlo Giuliani, 23 ans), des centaines de blessés et des responsables. Une bande citoyenne de résistants, figures proches des acteurs dans l’envie de s’engager, cherche à comprendre, fouille l’histoire.

Dans cette polyphonie sociale, sur fond de guérilla urbaine, manipulation de masse, contestation et mafia politique, la notion de communauté se développe comme un chœur contemporain. Les idées individuelles fabriquent la pensée collective. Il y a aussi cette ironie, et cette colère face à la fatalité et à l’égoïsme ambiant, et ce sentiment d’appartenir au groupe, des combats menés ensemble, les mêmes méthodes, une génération.

Le jour s’était alors levé trois fois sur Gênes. La pièce est structurée autour de ces journées, les trois épisodes d’un intense poème politique : Fausto Paravidino a cherché à rester au plus près « d’un témoignage du passé récent et d’une réflexion sur le présent ». La parole est ici prise depuis un irrésistible désir de transmettre. Pour savoir, pour mémoire. Ni conférence, ni manifeste, ni procès, mais une volonté de penser l’histoire, la panser ensemble.

J’imagine pour Gênes 01 un chœur citoyen qui ne craint ni les questions douloureuses, ni le chaos sans réponse qui fait suite. Dans l’éternel recommencement des erreurs humaines se glisse la tristesse de toute litanie. Notre responsabilité individuelle est de ne pas laisser filer l’Histoire comme un fait divers, mais d’être nous-mêmes les passeurs de notre Histoire. Le citoyen acteur fait partie de la chaîne du temps. Il incarne l’Histoire et devient notre témoin.

Le spectateur aussi doit avoir ce sentiment d’être le témoin, comme à l’origine de la tragédie, de la fragilité des destins et des combats. Gênes 01 est un vivier de questions sur l’injustice et un hommage funèbre à la démocratie d’aujourd’hui.

Victor Gauthier-Martin

Notes d’intention

« Machination »

« Gênes 01 » est une polyphonie sociale sur fond de guérilla urbaine, de manipulation de masse, d'inégalités, de contestation et de mafia politique. La notion de communauté s'y développe comme un chœur contemporain où les idées individuelles fabriquent la pensée collective. La pièce est structurée en journées et chaque journée est le chant d'un court et intense poème politique. Les prises de paroles sont distribuées sous forme de tirets. Il n'y a pas de personnages à proprement parler. La diversité des niveaux de langage et des points de vue, associée à une écriture toute en ruptures, enrichit le récit, tour à tour journalistique, politique, ironique, tragique. Je souhaite faire un travail à partir des ramifications qu'offre le texte et dessiner des parcours, des trajectoires pour chaque acteur au sein d'une masse d'informations et de personnalités. La place de l'acteur sur scène devient celle de la pensée individuelle inscrite dans le chœur, la foule.

L’espace du jeu fait aussi bien référence à une base logistique, à l’image de celles mises en place lors de manifestations - zone de repos pour les populations, lieu de transfert et centre de traitement des informations, qu’aux bureaux d’une rédaction de journal. C’est à la fois un lieu de travail et de transit.

Au cours de la représentation, l’espace se remplit d’objets usuels, livres, ordinateurs, sacs de couchage, nécessaire de survie. Le son et la vidéo occupent le plateau.

Dispositif dédié au travail, donc, au jeu, aux réflexions. Des praticables sont disposés à jardin et à cour pour centrer l’espace et permettre des prises de parole depuis des hauteurs différentes, sur les côtés, ou des sphères d’isolement.

Une composition concrète se met en place, sorte d’installation vivante, un désordre en construction. Suivant la structure de « Gênes 01 », le chaos est là, présent dès le départ, renforcé par les premières interventions, la lisibilité n’apparaissant qu’au fur et à mesure, par un effet de mise en perspective.

Une ambiance de huis clos stagne, personne n’échappe à l’action de travailler, de réfléchir, d’interagir au sein de ce bouillonnement, de cette concentration mutuelle. Je souhaite dans cette voie trouver des moments de détente après la tempête et d’épuisement au milieu de la tragédie. J’aime tout particulièrement cette folie permissive qui jaillit de la concentration intellectuelle, quand tout se relâche. Et à un moment donné, vers le milieu du spectacle, fin de journée, les acteurs vont se coucher, travailleurs épuisés, mangent peut-être, boivent. Ces moments de silence et de quotidien viennent rompre le flot des paroles.

J’aimerais raconter cette tragédie contemporaine avec le recul nécessaire, celui qui permettra de l’entendre sans pathos. La gravité est déjà dite, elle n’a pas à être jouée. Nous ne serons que les passeurs de cette histoire, pas ses victimes, ni ses héros illusoires.

Victor Gauthier-Martin, octobre 2006