Samedi 11 juillet 2015 – 22h00

Le lait et le miel

Un projet de Nicolas Kerszenbaum
avec la complicité de Jeanne Favret-Saada
Texte et mise en scène : Nicolas Kerszenbaum
Avec Françoise Cousin, Clotilde Moynot, Yuval Rozman, Jean-Baptiste Verquin
Musique et sound design : Guillaume Léglise
Vidéos : Nicolas Kerszenbaum
Montage : Guillaume Léglise

C’est l’histoire d’une jeune femme française qui, pour découvrir qui elle est, s’installe dans un kibboutz du Neguev. C’est aussi l’histoire d’un pays, Israël, une histoire pleine d’idéaux, de violences et de contradictions. C’est l’histoire d’une rencontre entre cette jeune femme, ce pays et quelques fantômes. C’est une histoire d’amour et de colère qui trébuche sans cesse. Inspiré par les trois mois que Nicolas Kerszenbaum a passés dans des kibboutzim au printemps 2011 et par la correspondance qu’il y a entretenue avec l’ethnologue Jeanne Favret-Saada, Le lait et le miel est une fiction documentaire qui parle d’Israël, d’utopies et d’identités – mais qui, surtout, parle des choix qui nous forgent, et nous font tels que nous sommes.

Une fiction documentaire
Au printemps 2011, Nicolas Kerszenbaum s’installe pour trois mois en Israël, dans un kibboutz du Neguev. Il prévoit d’y enquêter de l’intérieur, cent
ans après la fondation du premier kibboutz, sur ce qui pousse encore des gens à maintenir ces bulles de collectif, hors de l’ingérence de l’État. Quatre semaines seulement plus tard, il quitte le Neguev, l’idéalisme en berne – le kibboutz où il vit n’est plus un lieu d’utopie – et part dresser un inventaire plus large, et plus exhaustif, des collectifs israéliens : il arpente Israël de long en large, vivant dans d’autres kibboutzim (les urbains, les ruraux, les nouveaux, les anciens), dans des cités anciennes, dans des villes nouvelles, et en Cisjordanie.
Durant ces trois mois, Kerszenbaum correspond par mail tous les soirs avec l’ethnologue Jeanne Favret Saada. De ce printemps émaillé par la reprise des bombardements et l’assassinat de Juliano Mer Khamis, il ramène des photos, des films, mais surtout une épaisse correspondance avec une chercheuse estimée. A partir de ce matériau dense, Kerszenbaum écrit une parabole qui reprendra ce qu’il a vu : Le lait et le miel.
Le spectacle dresse dès lors bien sûr un tableau des contradictions contemporaines d’Israël, en en rappelant l’histoire et les mythes, en en  soulignant les paradoxes. Mais, de là, Le lait et le miel interroge également, vues par les yeux d’une trentenaire française, les notions de collectivités et de formes politiques. Comment, aujourd’hui, vivre dans des structures moins individualistes ? Et, de là, comment simplement réussir à se construire soi-même et librement, entre ce qu’on choisit d’être et ce qu’on nous oblige à devenir ?

La Compagnie
La compagnie franchement tu a été fondée en 2005 par Nicolas Kerszenbaum.
Elle est basée à Creil, et travaille essentiellement en Ile-de-France (Paris et Seine-Saint-Denis) et en Picardie (Aisne et Oise).
Pourquoi franchement, tu ?
En 2005, les blogs fleurissaient sur la toile ; de plus en plus d’inconnus prenaient la parole pour partager leur quotidien, et ouvraient leur univers à
qui voudrait les lire. Les commentaires se multipliaient au sein de ces blogs, et commençaient presque invariablement par la locution «franchement, tu » (suivi de « penses vraiment ça ? / es trop belle sur cette photo / me fais pitié », etc). Cette association adverbevirgule- pronom signait (et signe apparemment toujours) une prise de parole sincère et simple face aux visions du monde d’autrui. D’où ce nom, franchement, tu, directement tiré d’un tic de langage numérique, permettant de parler d’un monde vécu à la première personne.

http://www.franchement-tu.com/