Sous la glace
Compagnie Microsystème

Dimanche 17 juillet à 22h00

De Falk Richter
Traduction Anne Monfort
Mise en scène et scénographie Victor Gauthier-Martin

Production en cours : Microsystème en co-production avec le Théâtre de Chelles et Le centre dramatique national dʼAubervilliers
avec le soutien de la Comédie de St-Etienne
Assistanat à la mise en scène : Clémence Barbier
Vidéo : Gwénolé Livinec – Valérie Marinho de Moura – Jean-François Domingues
Lumières : Romuald Lesné
Musique : Dayan Korolic
Costumes : Anne Lézervant
Régie Générale : Jean-François Domingues

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Ce qui me touche dans « Sous la Glace », cʼest que nous sommes en même temps plongés dans le monde du travail et dans des mondes imaginaires.
Chacun cherche sa voix, sa place, un sens. Le monde du travail. Travailler pour vivre. Avoir un métier. Peu importe la nature de lʼexercice tant que celui-ci rapporte.
Nous sommes montés dans le même train et bien sagement nous roulons sans oser sauter en marche. Impuissance. Manque. Folie. Crise de la quarantaine, de la cinquantaine, contre rêves dʼenfants.
Victor Gauthier Martin

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Dans « Sous la glace », l’efficacité ou plutôt l’« efficiency », s’est imposée sans aucune résistance comme un nouveau système de valeur. Peut-on aujourd’hui opposer quelque chose à cette façon de penser ?

Cette question de l’efficacité a pris toute la place, au détriment de celle, plus délicate de l’utilité (sociale, humaine, philosophique…) et ainsi, a vidé de son sens une grande partie de notre activité. Ce système qui tourne à vide, façon Kafka, est exposé de façon très pertinente dans l’article à succès « bullshit jobs » de David Graeber, professeur d’anthropologie à la London School of Economics et à l’origine du mouvement Occupy Wall Street :

« Dans les années 30, John Maynard Keynes avait prédit que, à la fin du siècle, les technologies seront suffisamment avancées pour que des pays comme le Royaume Uni ou les Etats-Unis envisagent des temps de travail de 15 heures par semaine. Il y a toutes les raisons de penser qu’il avait raison. Et pourtant cela n’est pas arrivé. Au lieu de cela, la technologie a été manipulée pour trouver des moyens de nous faire travailler plus. Pour y arriver, des emplois ont dû être créés et qui sont par définition, inutiles. Des troupes entières de gens, en Europe et en Amérique du Nord particulièrement, passent leur vie professionnelle à effectuer des tâches qu’ils savent sans réelle utilité. Les nuisances morales et spirituelles qui accompagnent cette situation sont profondes. C’est une cicatrice qui balafre notre âme collective. Et pourtant personne n’en parle. »

Et pour que ces foules ne soient pas minées par ce sentiment d’être inutile, pour lutter contre « le danger d’un dessèchement intérieur », Falk Richter propose avec humour, toutes sortes d’activités divertissantes, dont un programme destiné aux consultants, intitulé « l’aventure c’est la culture » qui consiste en la création d’une comédie musicale dont les personnages principaux sont des phoques et des ours polaires. « Quand la culture est bien faite, elle peut être aussi bénéfique que le sport ».
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Après deux ans en Angleterre au Everyman Theater à Cheltenham, Victor Gauthier-Martin, de retour France, suit les ateliers du soir au Théâtre National de Chaillot puis intègre l’ERAC (Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes). Il y met en scène avec sa promotion Les Amis font le philosophe de Jacob Lenz. Un an plus tard, en 1994, il est reçu au CNSAD (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique) où il monte Ambulance de Grégory Motton en salle Jouvet au Conservatoire et au Théâtre des Ateliers à Aix-en-Provence, puis La Cuisine d’Arnold Wesker au Théâtre
du Conservatoire et au Théâtre du Soleil, invité par Ariane Mnouchkine.
Il repart ensuite un an en Angleterre à LAMDA (London Academy of Music and Dramatic Art) avec une bourse Lavoisière. A son retour, il présente Ailleurs tout près de Françoise Mesnier dans le cadre du Jeune Théâtre National et travaille en collaboration avec la compagnie du Vis-à-Vis pour monter Les petites choses et Un Baiser dans la tête de Sonia Willi au Théâtre Universitaire de Nantes.

Entre 2000 et 2002, dans le cadre de lʼUnité Nomade de Formation à la Mise en Scène, il travaille avec Manfred Karge à Berlin et Krystian Lupa à Cracovie. En parallèle, il est comédien dans les spectacles de Sébastien Bournac, Jean-François Peyret, Benoit Bradel, Pascal Rambert, Alain Françon et Jean Liermier.
Depuis 2003, Victor Gauthier-Martin développe tous ses projets de mise en scène au sein de microsystème. La compagnie est associée à la Comédie de Reims de 2004 à 2007. Elle est en résidence au Forum Scène conventionnée de Blanc-Mesnil de 2007 à 2010 et au Théâtre de Chelles depuis janvier 2011. Elle est soutenue par la
DRAC Ile-de-France au titre du conventionnement depuis janvier 2010.
Victor Gauthier-Martin choisit les textes quʼil monte, issus du répertoire ou contemporains, pour la manière dont ceux-ci résonnent avec la société et nous donnent à voir, à comprendre le monde dans lequel nous vivons. Depuis sa création, microsystème a ainsi présenté Le Rêve dʼun homme ridicule de Fédor Dostoïevski
(2004), La Vie de Timon de William Shakespeare (2005), Gênes 01 de Fausto Paravidino (2007), Genoa / Us dʼaprès Gênes 01 (2008), 109 – Théâtre nomade création à partir dʼarticles de presse (2008), Le Laveur de visages de Fabrice Melquiot (2009), Docteur Faustus de Christopher Marlowe (2010) et tout récemment Roundʼup écrit collectivement par Clémence Barbier, Victor Gauthier-Martin et Maïa Sandoz (2012).

Parallèlement à son activité de création et de diffusion, microsystème développe un important travail dʼaction artistique à lʼéchelle des territoires sur lesquels elle sʼimplante le temps de ses résidences. Projets dʼenvergure associant amateurs et professionnels, conçus avec la même exigence que les créations de la compagnie, Autonomies en chantier, La Larme (film), Projet Gymnase pour nʼen citer que quelques uns, sont autant dʼoccasion pour Victor Gauthier-Martin et ses équipes dʼaborder la question du vivre ensemble en croisant de de manière complémentaire le point de vue des différents participants.
Victor Gauthier-Martin intervient par ailleurs régulièrement auprès de jeunes professionnels dans le cadre de leur formation.

http://microsysteme.info/