Vendredi 10 juillet 22h00

My way

Chorégraphie Michel Kelemenis
Avec Benjamin Dur, Claire Indaburu, Lisa Vilret
Musique My Way versions arrangées par Jean-Jacques Palix
Versions originales de Jean-Jacques Palix, Daniel Knox et David Coulter
Production Kelemenis & cie
Durée 1h

 

Avec My Way, c’est dans un petit théâtre itinérant que ce qui s’est joué se rejoue : un homme fait face à un moment de sa vie, 2 femmes sont toutes ses femmes et sont aussi rivales. A partir d’un argument simple, Kelemenis élabore 3 silhouettes chorégraphiques aux identités bancales, aimables et détestables, balancées entre les personnes et leurs personnages. Les brèves historiettes de leurs relations mettent en scène le quotidien de la troupe en tournée. De légèreté en tension, entre vaudeville et comédie sentimentale, surgissent par impressions leurs humeurs changeantes, jusqu’au vacillement des sentiments et l’hypothèse d’un drame qui oblige à se tourner vers le passé.

®Agnes_Mellon

Mais comment avec la danse évoquer le souvenir et la pensée ?
De l’objet (créer sur une scène minuscule un spectacle qui puisse être représenté sans la technique de l’équipement théâtral) Kelemenis fait un sujet grâce auquel il redonne à lire d’innombrables segments de son répertoire gestuel. Sur de nombreuses versions de la chanson à laquelle la pièce emprunte son titre, les séquences de portraits et de rencontres sont portées par les tonalités contradictoires d’interprétations célèbres ou inconnues. L’air familier ainsi que les danseurs sont secoués d’énergies joueuses, nostalgiques ou revendicatrices, collectées et articulées par le musicien Jean-Jacques Palix.
Une nouvelle fois, le chorégraphe se confronte à un standard de la chanson populaire -à la suite notamment de The man I love pour L’homme la femme et George, Le prétexte à danser, et Besame mucho. Sans doute faut-il, pour comprendre son entêtement à y revenir, se souvenir de ce qu’étaient les radios avant qu’elles ne soient « libres » : les chansons de variétés habitaient les ondes, irriguaient les foyers, et berçaient d’insouciance les enfants d’une famille type, « à l’ancienne », stable, modeste et heureuse…
L’exploration gestuelle et la définition d’un système d’écriture caractérisent et distinguent la danse de Kelemenis: le chorégraphe revendique l’élaboration d’un langage organique, virtuose, complexe, et transposable sur des corps formés à partir de différentes approches techniques.
Son geste est qualifié de « sensuel abstrait ».
C’est avec Besame mucho en 2004 qu’il entreprend de rapprocher le temps de la danse de celui d’une hypothèse de narration, à travers des images scéniques éloquentes, bien que sans personnages ni histoire. La pièce suivante, Aphorismes géométriques, épice l’alternance d’abstraction et de figuration d’une pincée d’attitudes expressionnistes. Mais c’est dans la pensée du Jeune public, avec L’amoureuse de Monsieur Muscle, que Kelemenis effectue son vrai saut vers le récit, essai depuis malicieusement transformé avec Cendrillon pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève en 2009, Henriette & Matisse en 2010, et Le Baiser de la fée pour le Ballet de l’Opéra National du Rhin en 2011.

My Way -® Agnes Mellon

Michel Kelemenis
Danseur et chorégraphe français né à Toulouse en 1960. Après une formation de gymnaste, Michel Kelemenis commence la danse à Marseille à l’âge de 17 ans. Dès 1983, il est interprète au sein du Centre Chorégraphique National de Montpellier auprès de Dominique Bagouet et écrit ses premières chorégraphies, dont Aventure coloniale avec Angelin Preljocaj en 1984. Lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs en 1987, il fonde la même année Kelemenis & cie (Association Plaisir d’Offrir) qu’il installe à Marseille dès 1989. En 1991, il est lauréat de la Bourse Léonard de Vinci, et du Fonds japonais Uchida Shogakukin. Ses nombreuses pièces (plus de 50 dont une trentaine pour sa compagnie) sont présentées à travers le monde.

http://www.kelemenis.fr/